Christophe Cuzin s'implique fortement dans le hockey sur glace, notamment dans la formation des jeunes hockeyeurs de la région parisienne. Le président du club d'Asnières fait en effet partie de ces dirigeants pédagogues qui ont une politique résolument formatrice dans le sens le plus large du terme.
Il se bat au quotidien pour que la pratique du sport, en l'occurrence celle du hockey sur glace, soit avant tout un moyen de socialisation et un tremplin pour mieux affronter ensuite la vie d'adulte. Sa volonté d'agir sur la glace pour façonner positivement ses jeunes joueurs s'est encore concrétisée lors du grand rendez-vous de Bercy fin janvier.
En marge de la finale de la Coupe de France, le club d'Asnières a disputé un match U18 excellence contre Amiens. Si cette rencontre du Championnat de France cadets connut un impact évidemment sans commune mesure avec le duel au sommet entre les seniors de Briançon et de Rouen, la finalité de ce genre de compétition, opposant des jeunes hockeyeurs, n'en demeure pas moins importante pour l'avenir de notre discipline.
Nous avons donc demandé à Christophe Cuzin de nous éclairer d'avantage sur les raisons de son action qui mérite d'être mise en avant.
Pouvez-vous nous dire quels sont, à vos yeux, les enjeux pour le club d'Asnières de participer à ce Championnat Elite U18, autrement dit en cadets ?
Tout simplement de renforcer le niveau de compétition de nos jeunes joueurs lors des matches. Il faut permettre à nos hockeyeurs en herbe de s'aguerrir en participant plus régulièrement à des rencontres plus élevées et plus dures pour parfaire leur formation. Je ne vous cache pas qu'à l'issue de la saison mon club à l'ambition d'être champion de France en Elite B et obtenir éventuellement l'accession.
Au-delà de la compétition, on sent à travers vos propos et votre action sur le terrain que vous êtes investi d'une mission beaucoup plus large...
C.C. : En effet, je pense que nous sommes dans un sport où l'on ne peut pas, à l'heure actuelle, raisonnablement dire et faire croire à nos jeunes joueurs qu'ils vont pouvoir gagner leur vie avec le hockey. En revanche, je pense que les caractéristiques intrinsèques de ce sport permettent une excellente formation à la vie d'adulte grâce à tout ce qu'apporte le hockey sur glace, à savoir la rigueur, l'exigence, la discipline, etc...
A mon avis, plus on pourra proposer un cadre formateur exigeant et mieux c'est. Notre politique est donc à la fois sportive et extra-sportive.
Dans le club d'Asnières, nous essayons donc d'offrir aux jeunes hockeyeurs ces conditions d'apprentissage. Comme nous sommes dans un contexte économique difficile qui ne nous permet pas d'offrir beaucoup d'argent, il faut pouvoir trouver le moyen de permettre quand même à nos joueurs d'évoluer au plus haut niveau ce qui explique notre forte implication dans ce Championnat Excellence U18. L'originalité du club d'Asnières, c'est d'essayer de bien gérer à la fois la vie scolaire de nos joueurs et leur activité sportive avec comme objectif une bonne insertion par la suite.
Votre action est fort louable mais rencontrez-vous des problèmes d'écoute ? Vos jeunes joueurs sont-ils réellement réceptifs ?
Comme toujours cela dépend des individus ou des groupes de joueurs. Chaque hockeyeur monte sur la glace avec son histoire personnelle. On s'aperçoit que si on ne les a pas bien appréhendés au début de leurs jeunes carrières, il y aura des complications. Mais je dois dire que, pour l'instant, nous gérons une génération qui se comporte bien donc notre discours passe mieux.
Sur le plan sociologique, quelles sortes de joueurs avez-vous parmi vos jeunes équipes à Asnières ?
Nous avons des hockeyeurs qui viennent d'horizons très différents. Il y a des jeunes de banlieue et d'autres qui vivent dans un environnement plus facile. C'est ce mélange qui fait tout l'intérêt de notre action. Seul le sport, et le hockey en particulier, permettent de mettre tous ces jeunes sur un même pied d'égalité. Sur la glace, c'est uniquement la volonté et le talent qui font la différence et tout le monde a sa chance.
Vos jeunes joueurs font-ils preuve d'assiduité ? Rencontrez-vous également des problèmes de disponibilité ?
A partir du moment où ils adhèrent à notre projet pédagogique, nos hockeyeurs jouent le jeu. Globalement tout se passe bien même lorsqu'il faut disputer des matches qui n'ont pas été prévus sur le calendrier. Cela prouve leur grande motivation et leur implication.
Comme toujours, il y a un noyau de leaders qui entraîne les autres. Le problème du club d'Asnières, comme d'ailleurs des autres clubs de l'Île de France, c'est que nous devons gérer de petits effectifs. Notre groupe cadet comprend par exemple 17 joueurs et nos juniors ne sont que 10. Du coup, les plus âgés jouent leurs matches avec un gros tiers de cadets. Nous sommes donc toujours sur la corde raide ce qui explique également que notre équipe senior, qui évolue en Division 2, utilise deux joueurs U18.
